Qui suis-je ?

Parcours universitaire et orientation de recherche

Nicolas de Chelle est politiste. Titulaire d’un B.A. en science politique, spécialisation en analyse politique, de l’UQAM, avec cheminement honor, ainsi que d’un M.Sc. en science politique de l’Université de Montréal.

Son travail porte notamment sur la tension entre les prétentions de l’universel et la diversité réelle des formes politiques.

Au centre de sa réflexion se trouve le particularisme, entendu non comme une posture défensive, mais comme une manière de restituer des perspectives situées et des ordres politiques qui ne se laissent pas réduire à une mesure unique.

Le particularisme comme critique de l’universalisme

Dans Le Particularisme. Abattre l’universalisme, il soutient que l’universalisme n’existe pas comme surplomb neutre, mais qu’il procède d’un particularisme euro-américain élevé au rang de norme-monde. Son travail en suit la généalogie longue, de la cité grecque à la kosmopolis impériale, de la chrétienté au droit des gens, des empires modernes aux organisations internationales, jusqu’aux standards techniques et numériques contemporains. 

Il montre comment une perspective située se convertit en évidence commune, comment elle fixe les seuils, impose les équivalences, distribue les légitimités et relègue d’autres formes politiques dans une position seconde. À rebours d’une diversité invoquée dans l’abstrait, il cherche à doter le particularisme d’un outillage propre, capable de donner à la pluralité sa consistance politique, institutionnelle et stratégique.

Blockchain, politiques publiques et souveraineté

Cette réflexion trouve un prolongement direct dans un mémoire consacré à la blockchain dans les politiques publiques, à partir des cas de l’Estonie et de la Suisse. En mobilisant l’Advocacy Coalition Framework, il montre que l’adoption d’une technologie ne dépend jamais de sa seule efficacité, mais des croyances d’acteurs, des sous-systèmes de politique publique, des résistances institutionnelles et des particularismes historico-politiques qui configurent chaque espace de décision. 

L’innovation, ainsi, ne s’impose jamais dans le vide : elle prend place dans un ordre politique déjà structuré, traversé par des formes de souveraineté, des équilibres institutionnels et des régimes de légitimité distincts.

Économie politique, pouvoir et ordre politique

Ses réflexions et ses recherches touchent également à l’économie politique internationale, aux structures de domination qui organisent l’ordre mondial, aux médiations monétaires de l’hégémonie, mais aussi aux formes contemporaines de censure idéologique et de police normative dans l’enseignement supérieur occidental. Elles interrogent les appareils par lesquels une norme se constitue, se moralise, s’institutionnalise et disqualifie ses extérieurs. 

Elles portent enfin, sur un versant plus philosophique, sur les rapports entre violence, culture, guerre et ordre politique, à partir d’auteurs tels qu’Aristote, Machiavel, Montaigne, Richelieu, Hobbes et Montesquieu. À travers ces différents objets, une même question se dessine : quelles sont les structures et les mécanismes qui permettent à une société de se constituer comme ordre politique, de fonctionner et de durer ?